Maroc: 7% de femmes administrateurs, …

Maroc : malgré une législation et un consensus de discours consacrant le principe de parité hommes/femmes dans les organes de gouvernance, le taux de femmes administrateurs n’est que de 7% (moyenne entre le secteur public et le secteur privé).

Le groupe de Travail “Gouvernance au féminin” de l’Institut marocain des administrateurs (IMA) sur la représentativité des femmes dans les organes de gouvernance des grandes entreprises publiques et privées a mené une étude analytique sur ce sujet. Les conclusions de cette étude ont été présentées lors de la première conférence sur la Gouvernance au féminin, organisée le 9 avril 2013 à Rabat par le ministère des affaires générales de la Gouvernance et l’IMA, en partenariat avec l’ONU Femmes et avec le soutien de la Société financière internationale et du club des femmes administrateurs.A cette occasion, Mohamed Najib Boulif, ministre des affaires générales et de la gouvernance a réagit : «il y a nécessité d’augmenter le nombre de femmes dans les postes décisionnels par l’adoption de mesures institutionnelles».

Pourquoi les femmes sont-elles aussi peu présentes dans les organes de gouvernance marocains ?

L’étude met en avant certains facteurs de blocage. La culture d’entreprise est défavorable aux femmes qui sont seulement 2% à revendiquer l’accès aux postes à responsabilité. L’environnement social et culturel, facteurs exogènes, est également largement discriminatoire à l’égard des femmes.

Quelles voies d’amélioration cette étude propose-t-elle ?

En comparant avec les meilleures pratiques internationales, cinq axes de recommandation ont été dégagés :

  • inciter les entreprises à s’inscrire davantage dans les référentiels législatifs en vigueur (notamment la nouvelle Constitution et le Code marocain de bonnes pratiques de gouvernance des entreprises et établissements publics),
  • mettre en place un système contraignant à travers l’instauration de mécanismes et d’instruments de discrimination positive favorable aux femmes comme par exemple l’imposition d’un quota de représentativité des femmes variant de 15% à 30% (et assorti de sanctions) au sein des instances de gouvernance des entreprises,
  • accompagner les femmes dans le processus d’accès à ces instances à travers le développement des réseaux de soutien et de formation ciblés et la mise en œuvre de mesures en faveur de la conciliation vie professionnelle/vie familiale,
  • lutter contre les représentations sociétales et culturelles discriminantes et intégration de la notion d’égalité des genres dans toutes les politiques publiques,
  • inscrire dans la durée de la politique de promotion de l’accès des femmes aux organes de gouvernance ainsi que mettre en place d’un système de veille permettant d’évaluer périodiquement les évolutions enregistrées.

Quelques chiffres :

  • Sur les 590 entreprises concernées par l’étude, 62% ne comptent aucune femme au sein de leurs organes d’administration, 38% comptent au moins une femme et 4% au moins trois femmes. Le taux de femmes administrateurs est, quant à lui, de 7%.
  • En ce qui concerne les entreprises publiques, 59% ne comptent aucune femme dans leurs organes d’administration, 41% comptent au moins une femme et 3% au moins trois femmes, avec un taux de femmes administrateurs qui ne dépasse pas les 5%.
  • La situation est légèrement meilleure dans les sociétés cotées en bourse où seulement 54% des entreprises ne comptent aucune femme dans leurs organes de gouvernance, 46% comptent au moins une femme et 4% au moins trois femmes. Quant au taux de femmes administrateurs, il est de l’ordre de 11%.

 

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