Du cumul des mandats en France à la « location » d’administrateurs aux Iles Caïmans

Exercer un mandat d’administrateur requiert une disponibilité réelle et une implication qui peut être importante selon les entreprises et les contextes adressés.

Il est d’usage de dire qu’un mandat demande (hors comités spécialisés) une disponibilité d’environ 20 jours par an. Toute personne expérimentée ayant des activités professionnelles et une vie personnelle devrait donc logiquement avoir peu de place  dans son agenda pour  accepter  un nombre important de mandats d’administrateurs.

Les codes de gouvernance et la loi, conscients de l’importance du rôle de l’administrateur ont dans une première approche recommandé ou légiféré sur une limitation du nombre de mandats.

Cette première avancée est insuffisante, car plusieurs constats peuvent être faits :

1-Sur la limite de la limitation de la règle du cumul des mandats,

  • Elle ne s’applique pas aux sociétés étrangères
  • Elle ne s’applique pas non plus aux mandats internes à l’entreprise
  • Enfin, elle ne concerne que les sociétés cotées sur un marché règlementé

On conçoit donc aisément, qu’il est facile de multiplier le nombre de mandats sur la tête d’un même individu que l’on aura choisi par complaisance, par relation ou par facilité.

2-Sur le temps qui devrait être dédié à ma mission de l’administrateur,
Si on applique la règle de 20 jours aux mandats ci dessus, cela représente  pour 5 mandats 100 par an consacrés à la mission d’administrateur. Est ce possible  si de surcroît on a une activité professionnelle à plein temps? Réalisable ?? Non, je ne le crois pas.

La conséquence de cette situation est que les conseils d’administration se privent en paupérisant leur recrutement de richesse pour leur entreprise, car un bon conseil fonctionne efficacement si ses membres sont aussi suffisamment disponibles et ont donc du temps pour s’investir dans leur mission.
Cette multiplication du nombre de mandats peut aussi avoir des conséquences sur la performance des dits administrateurs qui exercent pour la plupart des fonctions d’exécutives dans leur entreprise.

Sans penser à légiférer, les entreprises pourraient décider de soumettre l’acceptation de prise de mandats externes de leurs dirigeants à l’autorisation de la direction.
Une autre règle de  bon sens, pourrait aussi être de limiter le nombre de mandats intra-groupes.

Ces mandats ainsi libérés permettraient à d’autres candidats administrateurs, disponibles et compétents d’assurer pleinement la mission d’administrateur ; une vraie valeur ajoutée pour l’entreprise.

La prise de conscience doit se faire au niveau de chaque entreprise et de chaque individu.

A titre d’exemple, on peut citer Isabelle Kocherpui prenant de nouvelles responsabilités plus importantes chez GDF Suez a démissionné de son mandat d’administrateur du conseil d’Arkema ; mandat en cours jusqu’en 2015.

Aux Îles Caïmans, la fonction d’administrateur est bien différente de notre concept. Un administrateur peut être « loué » et peut cumuler un nombre de mandats impressionnant. David Bree, par exemple, siège à 262 conseils d’administrations. Il n’est pas le seul. Découvrez l’analyse intéressante des administrateurs « loués ».

A.N

 

 

 

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